La vie de Sainte Maria Goretti.

30/05/2020


Maria Goretti


Maria GorettiMaria Goretti, en 1902

Laïc, enfant et martyr

Naissance 16 octobre 1890

Corinaldo (Italie)

Décès 6 juillet 1902 (à 11 ans)

Nettuno (Italie)

Nationalité Italienne

Ordre religieux Congrégation de la Passion de Jésus-Christ

Vénéré à Basilique Notre-Dame des Grâces - Sainte Maria Goretti de Nettuno

Béatification 27 avril 1947 Rome

par Pie XII

Canonisation 24 juin 1950 Rome

par Pie XII

Vénéré par l'Église catholique

Fête 6 juillet


Sainte Maria Goretti (née à Corinaldo le 16 octobre 1890, morte le 6 juillet 1902 à Nettuno) est une jeune fille italienne, qui fut assassinée par un voisin qui souhaitait abuser d'elle. Son martyre fut reconnu par l'Église catholique, qui la vénère comme sainte depuis 1950.

Sommaire

  • 1 Une famille dans la misère
  • 2 Un atroce fait divers
  • 3 Épilogue
  • 4 La Dulie

Une famille dans la misère

À droite, la maison où habitait Maria Goretti. Photographie de Maria Goretti, prise autour de 1900.

Maria Goretti - dite Marietta - est née le 16 octobre 1890 à Corinaldo, dans la région des Marches italiennes - dont la capitale est le port d'Ancône sur la mer Adriatique -, d'une famille pieuse et très pauvre.

En 1899, le lopin de terre que sa famille cultive ne suffisant plus à les nourrir, les Goretti sont contraints de déménager à Le Ferriere di Conca (it), dans le diocèse d'Albano, au sud de Rome.

La famille vit dans un minuscule logement qu'elle partage avec Giovanelli Serenelli, un veuf qui a un fils de 17 ans, Alessandro.

Peu de temps après, Maria, âgée de neuf ans, perd son père, emporté par la malaria. Étant l'aînée, c'est elle qui doit s'occuper de ses frères et sœurs, de la cuisine, du ménage pendant que sa mère Assunta et son frère Angelo (neuf ans) travaillent aux champs toute la journée. Le propriétaire, abusant de l'illettrisme des villageois, leur a fait signer à tous un contrat d'embauche qui les désavantage. La mère de Marietta, veuve avec trois enfants à charge, n'a pu faire autrement que d'accepter.

Très sérieuse et extrêmement pieuse, Marietta est préparée à sa première communion par les pères passionnistes de Nettuno. La pauvreté de la famille est connue par leur entourage mais les gens du village se cotisent pour offrir à Marietta sa robe de première communion.

Un atroce fait divers

Église St.-Martin à Visé (Belgique).

À l'âge de onze ans, Maria Goretti fait plus que son âge, d'où son surnom de « Marietta ».

Le jeune Alessandro Serenelli, vingt ans, profitant du fait qu'elle est souvent seule, se met à la poursuivre de ses assiduités. La jeune fille, n'osant en parler à sa mère, se réfugie dans la prière, son seul recours, tout en prenant garde à ne jamais rester seule avec le jeune homme.

Cependant, le 5 juillet 1902, vers quinze heures, alors qu'elle reprise une chemise sur le palier de l'escalier, seule avec sa petite sœur Teresa qui fait la sieste sur une couverture, le reste de la famille étant non loin de là occupé à broyer le grain, Alessandro arrive et entraîne de force la jeune fille, à l'intérieur, dans la grande cuisine. Cette dernière se débat en s'exclamant :

« Alessandro, Dieu ne veut pas ces choses là ! Si tu fais cela tu iras en enfer ! »

Vexé et fou de rage de ne pas parvenir à vaincre la résistance de Marietta, le jeune homme saisit un poinçon de vingt-sept centimètres de long et la frappe à quatorze reprises.

Alertés par le chahut, les voisins interviennent. Marietta est transportée à l'hôpital Orsenigo de Nettuno où elle meurt le lendemain, après avoir reçu la communion pour la dernière fois. Avant de lui donner la sainte hostie, le prêtre lui demande si elle pardonne à son agresseur. Elle répond :

« Oui, pour l'amour de Jésus, je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai déjà pardonné ».

Elle meurt le 6 juillet 1902 à quinze heures quarante-cinq.

Épilogue

Alessandro Serenelli fut condamné à une peine de trente ans de prison.

Après huit années d'incarcération, une nuit de 1910, il rêva que Maria lui offrait des lys qui se transformaient en lumières scintillantes. Ce rêve lui fit réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit.

Il fut libéré en 1929, après vingt-sept années de détention.

Dans la nuit de Noël 1934, il alla jusqu'à Corinaldo, où était retournée la mère de Marietta, Assunta Goretti, qui à cette époque était au service du curé, et la supplia de lui pardonner. Elle accepta en disant :

« Dieu vous a pardonné, ma Marietta vous a pardonné, moi aussi je vous pardonne. »

Tous deux assistèrent à la messe ensemble le lendemain, recevant la sainte communion, l'un à côté de l'autre, sous le regard très étonné des paroissiens.

C'est ensemble également qu'ils assistèrent le 27 avril 1947 aux cérémonies de la béatification et à celles de la canonisation de Marietta le 24 juin 1950, par le Pape Pie XII qui la déclara sainte martyre de l'Église catholique romaine.

Ce fut la première fois qu'une mère assistait à la canonisation de sa fille.

Alessandro Serenelli, devenu membre du Tiers-Ordre franciscain, travaillait depuis 1936 en tant que jardinier du couvent des pères capucins d'Ascoli Piceno. Il mourut au couvent de Macerata, le 6 mai 1970, à l'âge de 87 ans, après avoir rédigé un testament des plus édifiants.

La Dulie

Le sanctuaire de Nettuno renfermant la châsse.

  • Sainte Maria Goretti est fêtée le 6 juillet.
  • Sa dépouille repose dans la crypte du sanctuaire Notre-Dame-des-Grâces de Nettuno, au sud de Rome. Dans la châsse, se trouve une statue en cire, œuvre du sculpteur Volterrano Volterrani, contenant les principales parties de son squelette recomposé : le crâne, la colonne vertébrale, les membres supérieurs et inférieurs, à l'exception de l'ulna ou petit os du bras droit, qui fut donné à la mère de la sainte, pour l'emporter à Corinaldo, son village natal, où il est exposé dans un reliquaire au sanctuaire Sainte-Maria-Goretti. Les phalanges et les côtes ont servi pour la préparation des reliques à exposer à la vénération des fidèles.
  • Pour le 100e anniversaire de sa mort, en 2002, le pape Jean Paul II a adressé un message spécial à l'évêque d'Albano en soulignant l'actualité de cette martyre de la pureté.


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